Mon Histoire

Infirmière pendant vingt cinq ans, j'ai arrêté mon métier suite à des problèmes de santé.
Il représentait beaucoup pour moi : aider les autres, les soigner, les écouter… Je fais cela depuis mon enfance.
Et puis, qu'allais-je faire de mon temps ?
Lors d'une conférence ayant pour sujet : 'Comment retrouver sa Passion de vivre' réalisée par le québécois André Harvey(*), j'ai découvert en écoutant une de ses chansons : 'Thinley, petit moine tibétain', l'existence d'un orphelin, réfugié tibétain, vivant au monastère Bön de Menri en Inde.
Ce petit bonhomme âgé de 12 ans a touché mon cœur.
J'ai décidé de l'aider et je me suis rendu compte de l'existence, dans cet orphelinat, de 171 enfants réfugiés tibétains, népalais et indiens âgés de quatre à dix huit ans.
L'école indienne attachée au monastère accueille quatre cents enfants (les orphelins, les pensionnaires et les villageois).
La créativité étant un de mes atouts tout comme l'humour j'ai donc décidé d'aider les écoliers de Menri.
C'est ainsi qu'est né le projet d'Aide à Thinley et aux orphelins réfugiés tibétains.

J'aime beaucoup les enfants, j'ai animé des ateliers, j'ai contacté les établissements scolaires, ils ont été intéressés par ce projet qui proposait un Partage, rien à vendre ni à acheter.
. Avec des amis, nous avons organisé une première fête à laquelle s'est joint André Harvey(*) et où intervenaient les écoliers.
Nous avons récolté des dons et je suis partie aux Indes, trois semaines (octobre 2005) avec quarante kilos de bagages: objets scolaires, petits jeux, dessins et surtout des médicaments.

Seule belge du voyage et ne parlant pas anglais, ce fut un véritable parcours " initiatique ". Il m'a permis de retrouver confiance en moi, en mes capacités mais surtout m'a donné un nouveau but, proposer une nouvelle vie.
En découvrant ces petits tibétains pour lesquels j'avais tant oeuvré, je me suis moralement enrichie, j'ai pu manger avec eux, visiter leur orphelinat, leur école, me rendant mieux compte de leurs besoins.
J'ai ramené à nos écoliers : dessins, objets, souvenirs, chansons, histoires et découvertes.

Auprès des nos écoliers, j'évoque peu la situation de guerre larvée entre la Chine et le Tibet, sinon dans le fait que nous avons aussi été envahi et occupés.
Au niveau religion, comme j'ai avec moi des professeurs de morale, de religion catholique, protestante, islamique… j'évoque peu le bouddhisme sinon au travers d'objets et de valeurs de vie.

Ce projet commencé en mars 2005 a été merveilleusement soutenu par les médias. C'est un projet avec de multiples possibilités mais surtout d'une belle portée HUMANITAIRE.
Je parcours seule les écoles, bénévolement, avec des objets tibétains, de percussion, une chaîne audio, des affiches avec des photos du monastère, un PC portable avec un diaporama du voyage (300 photos), un projecteur et des dessins des écoliers de Menri.
Cela me demande beaucoup de temps, d'énergie et un investissement financier non négligeable.
Mais lorsque je vois les étincelles qui brillent dans les yeux de nos écoliers, que je ressens la " Passion " partagée, quelle récompense!
Leur faire prendre conscience que d'autres enfants n'ont pas leur chance, qu'il est possible de les aider, que nous aussi pouvons beaucoup recevoir sur un plan autre que matériel.
En octobre 2006, je suis retournée au Monastère avec près de deux cents kilos de dons: dix caisses se sont envolées grâce à l'aide des ministres Courard et Flahaut et l'aide fantastique de l'attaché de cabinet Monsieur Pierre André Laurent.
Je vous laisse imaginer la fête à l'arrivée de tous ces objets scolaires, balles de tennis, billes, dessins, 50 kgs de matériel de soins et du courrier. Cent douze lettres des écoliers de la commune de Nassogne option 'anglais'. Je suis revenue avec les lettres réponses: de véritables cadeaux pour le professeur et ses écoliers.

J'ai maintenant, une petite équipe qui soutient le projet surtout lors des fêtes mais je ne fais partie d'aucune association.
Les 'Amis du Tibet ' me soutiennent de leur mieux mais certaines promesses financières (services clubs) ne sont pas tenues et acheminer les dons est un réel problème.
Alors, je continue à frapper aux portes, à demander de l'aide pour ces enfants tout en menant un projet pédagogique enrichi par les professeurs où s'associe : l'histoire, la géographie, le dessin, l'anglais, la musique, la créativité ainsi que les valeurs de vie en perdition dans notre société.

Au nom des orphelins réfugiés du monastère de Menri, je vous remercie de m'accueillir avec ce projet.

Marie-Agnès Perin-Potmans.

La petite souris du coeur